De tous temps, le vieux port a souffert de l'envasement. D'une
profondeur d'environ 6 mètres au nord (coté vieille ville donc ), on
devait regulierement procéder à "la cure du port". En effet, celui-ci
recevait tous les écoulements de la ville ! De plus, les pluies
transformaient les rues en torrents et lui apportaient décombres,
boues, et immondices ! Les ruisseaux qui suivaient le tracé de la
Canebière, en particulier, le Jarret appelé "lou vallat dei cougourdo"
(le ruisseau des citrouilles !) lui amenaient tous les residus des
jardins ! Sans compter les navires en stationnement qui déposaient
leurs offrandes !!!
On installa donc des "barquiou", réservoirs spéciaux, au bas des
rues à forte pente pour retenir les détritus ... mais avec
l'augmentation de la population, il est devenu l'égout de la ville ...
Milieu 19°, le poète local Bénédit nous dit : "Je me souviens du port à
l'odeur embaumée qui tue nuit et jour les mouches à la volée !" ...
Une grande amélioration fut apportée avec l'arrivée de l'eau de la
Durance (1000 litres d'eau propre par seconde déversés dans le Vieux
Port ) puis après l'ouverture des bassins de la Joliette qui reduisait
le trafic des navires dans le Vieux Port.
Le système de curage n'en fut pas moins maintenu par ce bateau dragueur
que l'on appelait la "Marie Salope" !! Cela a donné naissance à une
expression qui qualifie une femme qui n'est pas très difficile dans le
choix de ses partenaires ... et qui organise "la cure de son quartier"
!!
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