La construction et l'exploitation du Pont à Transbordeur
par M.Arnodin, Ingénieur Constructeur à
Chateauneuf-s/loire (Loiret), a fait l'objet d'un concession qui,
après enquête et avis du conseil d'état, a
été approuvée par le décret du 8 mars
1902.
Son édification à commencé au mois de
novembre 1904.
Il a été mis en service le 24 décembre 1905.
Réalisé à partir de 1180 tonnes environ de
câbles, de métaux ferreux et accessoires, il avait une
longueur de 240 m et une hauteur de 86 m environ. Il était
situé à l'entrée du Vieux-Port et orienté
Nord-Sud.
Il prenait appui :
- côté Nord : sur le quai de la Tourette,
- côté Sud : côté Carénage (Fort
Saint-Nicolas).
Une nacelle, de 10 m de long et de 12 m de large ,
propulsée par deux moteurs de 25 CV, faisait la navette entre
le Fort Saint-Jean et le Carénage.
Sur le haut du Pont , un restaurant faisait découvrir une
magnifique vue du Port et des alentours.
Les riverains utilisaient souvent le Transbordeur, plus rapide et
plus pratique que le ferry boat (200 piétons et une automobile
pouvaient faire la traversée en une minute et demie ; cela
faisait économiser entre 4 et 5 kms).
Le passage des marchandises facilitait l'approvisionnement des
magasins qui se trouvaient autours du quai du Port et des vieux
Quartiers. Dans l'année, un million de voyageur et 50.000
voitures étaient transportés.
La destruction partielle du Pont (partie Nord) est réalisée par les troupes
allemandes, le 22 août 1944, pour motifs stratégiques,
malgré la protestation du correspondant de guerre allemand
Waltther Kiaulehn (il comparait le Pont à Transbordeur
à la Tour Eiffel).
Le 1er septembre 1945 à 8 h du matin, les artificiers
civils et militaires ont fait sauter la partie Sud du Pont à
Transbordeur.
Il paraît ressortir que la ville de Marseille n'a pu
prétendre, sous aucune forme, à la perception de
dommages de guerre, du fait de la destruction du Pont à
Transbordeur par les troupes d'occupation mais aussi qu'elle était au
courant des divers projets de démolition d'une installation
qui ne répondait plus aux besoins actuels du trafic.
C'est le coeur gros que les Marseillais ont vu disparaître
dans la fumée tant de souvenirs qu'ils ne pourront oublier.
Le pont, qui était la fierté de la Ville, a disparu
comme beaucoup d'autres monuments qui donnaient à Marseille son
pittoresque et un attachement profond aux "Vieux Marseillais".
|