Deux
grands corbeaux tracassiers se disputent un coin de ce ciel provençal
si lumineux en hiver qu'il en atteint un bleu ébouriffé de blanc. La
haut, sur la vire que l'on atteindra tout à l'heure au prix d'un effort
récompensé par une émotion sans pareille, le vent paraît souffler plus
fort, si fort que les pierres en frémissent. Vertigineuse vue d'en bas,
enfouie dans l'immensité, la Sainte-Victoire est muette. Montagne de
dignité, monumentale et primitive...
Muette,
énigmatique et hypnotique divinité rocheuse... Cézanne est partout ! Le
magnétisme des crêtes, des contours rocheux et des abrupts fracassants
est passé dans ses toiles. Par la force mystérieuse de l'art,
l'impression s'en retourne au paysage. Alors, se déroule sous les pas
du promeneur amoureux comme un processus de restitution sublime. La
touche du peintre épouse sa montagne.
C'est extraordinaire !...