
Histoire des vins de Provence
La culture de la vigne en Provence est d'origine très ancienne. Il
semble en effet que les tribus Celto-Ligures de la côte méditerranéenne
connaissaient déjà les principes de la conception d'un vin, se
démarquant ainsi du reste de la Gaule où la boisson prédominante était
alors la bière. La légende rapporte que lors de la fondation de
Marseille en 600 av. JC, la belle Gyptis (fille de Nann, chef des
tribus Ligures) choisit son futur époux Protis (chef des Phocéens) en
lui offrant une coupe de vin.
L'arrivée des colons grecs coïncida avec un premier développement
important du vignoble primitif. Les négociants Grecs, important dans la
région l'art de tailler la vigne, permirent l'augmentation
significative des rendements et de la qualité. C'est également à partir
de ce foyer primitif provençal que l'activité viticole se généralisa en
Gaule, s'étalant peu à peu en direction du Languedoc et remontant la
vallée du Rhône.
En 125 av. JC, lorsque la région devint province romaine sous le nom de
Narbonnaise, le vignoble provençal était florissant et apprécié. Les
romains, grand consommateurs de vin (les boissons vinifiées faisaient
parti de l'alimentation quotidienne des légionnaires), continuèrent à
entretenir et développer les cultures existantes.
Au Xème siècle, la longue guerre contre les Maures, dans laquelle
s'illustra Guillaume Ier de Marseille au coté du comte de Provence,
laisse hélas un vignoble ravagé dont il fallu relancer l'activité. Les
abbayes bénédictines, notamment celle de Saint-Victor, jouèrent un rôle
majeur dans ce renouveau. On trouve ainsi à la Cadière (futur terroir
des vins de Bandol) la trace de l'implication viticole de l'abbaye
marseillaise dès 1023.
A partir XIIème siècle, sous l'impulsion d'Eléonore de Provence, le
vignoble local connut un nouvel essor significatif. A l'instar de sa
belle-mère Aliénor d'Aquitaine qui avait pris sous sa protection les
vins de la région de Bordeaux, Eléonore de Provence, épouse du roi
Henri III d'Angleterre, favorisa largement les vins provençaux.
Au XVe siècle, le "bon roi René", Comte de Provence, possédait aux
portes d'Aix-en-Provence un petit vignoble personnel réputé, le vin de
Palette, dont l'appellation est encore aujourd'hui vivace. Féru de
viticulture, le roi vigneron introduisit en France l'usage du raisin
muscat et assura le développement du Claret ainsi que du vin rosé. Il
encouragea également fortement le commerce du vin en faisant de
Marseille un port franc pour l'exportation. Le port de Bandol devint à
son tour un lieu d'embarquement important de la production.
Faute de se trouver sur les grands axes de circulation, les vins de
Provence furent par la suite un peu oubliés du commerce national et
international au profit des vins Bourguignons et Bordelais. Et ce n'est
qu'avec le développement du tourisme de masse qu'ils retrouvent
aujourd'hui une place de premier plan. Neuf AOC font désormais partie
du paysage viticole provençal. A leur coté, une multitude de Vins de
Pays qui, dégustés sur place, procurent souvent d'agréables surprises à
l'amateur un peu curieux.
Les Appellations d'Origine Controlée (AOC) de Provence
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