Une fois franchies les grilles d'entrée de cet immense parc,
vous découvrirez tout d'abord le chef-d'œuvre de l'architecte Henri
Espérandieu. L'eau fraîche et pure ruisselle de ces magnifiques
fontaines baroques. L'eau demeure omniprésente dans ce jardin avec ses
fontaines, ses cascades et ses bassins qui accueillent les Marseillais
dans un décor théâtral couronné de colonnes, sculptures et rampes à
balustres. De part et d'autre de la cascade centrale, le décor sculpté
illustre la dédicace de l'eau source de vie, de joie et de richesse,
surtout en pays méditerranéen. Mais savez-vous que cette célébration
représente l'arrivée des eaux de la Durance ?
C'est l'accomplissement
de la route de l'eau vers Marseille, due à la volonté et à la ténacité
de quelques hommes, au premier rang desquels Maximin Consolat, maire de Marseille en 1837, et Frantz Mayor de Montricher,
ingénieur. Le canal de Marseille a mis la ville à l'abri de la pénurie
en eau au milieu du XIXème siècle et favorisé son essor.
C'est pourquoi, en 1863, l'éperon rocheux de la colline des
Chartreux, belvédère qui offre une vue superbe de la ville, s'imposa
comme le site le plus propice pour symboliser l'aboutissement du canal
et célébrer l'arrivée de l'eau.
L'architecte Espérandieu
sut merveilleusement tirer parti de la dénivellation du site. Le palais
couronne le plateau Longchamp et le château d'eau en occupe le centre.
On y admire la Durance : la gloire de cette dernière est marquée par la
jeune femme au centre qui s'avance sur un char triomphal tiré par
quatre chevaux de Camargue. Son pied s'appuie sur une corne
d'abondance. De son char, l'eau tombe en cascade dans un bassin. Ses
compagnes symbolisent la fertilité : le blé et la vigne.
L'aile sud du palais héberge le musée d'Histoire Naturelle tandis que l'aile Nord abrite celui des Beaux-Arts.
Plus loin, dans le parc ombragé, on peut admirer un kiosque à
musique de 1888 ainsi que le pavillon de la girafe avec ses mosaïques
orientales, des cages et une volière pour près de 2 450 animaux à
l'époque où les lions rugissaient dans ce jardin.
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